LA MEILLEURE FAÇON DE DIRE “OUI”, C’EST DE DIRE “NON”

L’une des difficultés du métier d’ auxiliaire de vie est de savoir dire “non” aux sollicitations de leurs bénéficiaires. Analyse de situation.

Au cours de leurs interventions, les auxiliaires de vie à domicile sont souvent interpellés par ces mots : « Pourriez-vous faire ceci… faire cela… » ? Les situations ne sont pas toujours claires, les limites difficiles à cerner et nous devons choisir entre le «oui » et le « non”, sans oser dire « non » ou sans peser les conséquences d’une réponse trop hâtive, en disant « oui”.  

Pourquoi est-ce si dur de répondre “non” ? C’est souvent à cause du lien de subordination qui lie auxiliaire de vie et personne aidée qui pèse et qui bloque dans une impasse. On répond “oui” pour faire plaisir parce qu’on apprécie la personne et/ou qu’on se souvient que c’est grâce à elle que nous travaillons ; on répond « oui » pour aider car on sait la personne en difficulté, ou « oui » par devoir parce qu’on pense que cela fait partie de notre travail ou « oui » par « réflexe » parce qu’on est pris de vitesse et qu’on se dit qu’on est là pour aider. Comment revenir sur ce « oui » sans prendre le risque de trahir le lien de confiance ou de décevoir la personne aidée ? Pas facile…Alors les jours se suivent et on persiste dans le « oui » ; « oui » à presque tout, par facilité ou par habitude…

Pourtant, à bien y réfléchir, on s’aperçoit qu’on aurait pu répondre à la sollicitation par une question qui aurait permis de comprendre davantage la demande ; on aurait pu aussi prononcer un « non » nuancé  ou un « non » ferme mais auquel on aurait apporté une explication ou une alternative, voire un « non » catégorique pour rappeler nos missions. Ainsi, la personne aidée aurait compris, ne nous aurait pas sollicités à nouveau et aurait cherché de l’aide auprès de ses proches.

Si on avait su dire “non”, les « oui » qui auraient suivi auraient été de « vrais oui” auxquels la personne aidée se fierait sans réserve. Mais il aurait fallu pour cela, bien connaitre ses limites, prendre le temps du dialogue et affiner sa réponse. Heureusement, il est toujours temps de s’améliorer…

Françoise Bouillon