L’an dernier, en revenant de vacances, Aya n’a pas retrouvé ses bénéficiaires habituels. La faute à sa remplaçante qui avait manigancé pour se faire préférer, affirme-t-elle. Cette année, elle ne fait plus confiance.

« Je ne comprends pas pourquoi il y a si peu de solidarité entre nous, les auxiliaires de vie à domicile. L’année dernière, l’une de mes collègues m’a remplacée pendant mon mois de congé. Je l’avais mise au courant de toutes les habitudes et manies des bénéficiaires. Je lui avais expliqué que tel monsieur avait la main baladeuse, que telle dame était soupçonneuse, que tel couple essayait toujours d’en obtenir plus de nous et donc qu’il fallait fixer des limites. Elle a bien compris ce que je lui avais expliqué et …elle a levé toutes les limites ! L’objectif ? Se faire préférer à moi pour que mes bénéficiaires deviennent les siens. J’avais plus d’heures d’intervention fixes qu’elle, c’était tentant. Comme le client est roi, mon employeur n’est pas intervenu pour rétablir les choses. J’ai trouvé ça très dur. Alors, cette année, j’ai décidé de ne pas briefer ma remplaçante. Je vais la laisser découvrir les différentes situations par elle-même. J’ai perdu ma confiance dans mes collègues. On travaille trop dans un esprit de chacun pour soi, de concurrence et de rivalité. Cela ne devrait pas se passer ainsi, mais on est trop livrées à nous-mêmes.

Aya