La difficulté d’accès au numérique et aux actions dématérialisées crée une nouvelle source de fragilité. L’initiative d’un CCAS pour créer un réseau d’aidants numériques.

A l’heure où l’on songe à équiper le territoire français de la 5 G  pour pouvoir accéder encore plus rapidement aux applications numériques, on a du mal à imaginer qu’un Français sur six n’utilise pas internet. Et pourtant, 17 % de la population française, n’a pas accès à Internet ou ne sait pas utiliser les outils numériques  selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

Cet illettrisme numérique, appelé “illectronisme” touche en particulier les populations les plus fragiles. Une personne de plus de 75 ans sur deux n’a pas d’accès à Internet depuis son domicile (53%), alors que seuls 2% des 15-29 ans ne sont pas équipés. C’est également le cas de 34% des personnes peu ou pas diplômés (contre 3% des diplômés du supérieur), et de 16% des ménages les plus modestes (contre 4% des ménages les plus aisés). Préoccupant, quand on sait que d’ici à 2022, ainsi que l’a annoncé le gouvernement, 250 procédures administratives les plus utilisées par les Français seront totalement dématérialisées. Et quand on sait que la pandémie du coronavirus isole durablement ceux qui ne peuvent pas rester en liens numériques avec leurs proches.

Conscient que le confinement du printemps avait accentué les inégalités d’accès aux services communaux, le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville yvelinoise de Voisins-le-Bretonneux a pris une décision intéressante : s’inscrire dans la dynamique nationale portée par la MedNum (Coopérative de la médiation numérique) afin de créer un réseau d’aidants numériques.

L’action sociale et le service numérique de cette ville travaillent donc de concert sur l’indice de fragilité numérique de leur territoire en utilisant les outils et les compétences de la MedNum, première étape dans la définition de sa stratégie d’inclusion numérique.

Selon l’analyse des besoins, plusieurs pistes seront étudiées et peut-être combinées : soit le recrutement d’un médiateur numérique pour assister les personnes dans leurs démarches en ligne, soit des partenariats avec des acteurs associatifs ou bénévoles pour développer le réseau des aidants numériques sur notre territoire. Une démarche inspirante.