Françoise a découvert le métier d’aide à domicile en 2005. Elle remarque aujourd’hui combien il a transformé son rapport au temps.

Depuis que je pratique le métier d’aide à domicile, je fais régulièrement le point sur l’impact qu’il a sur moi et mon rapport aux autres.  Rares sont les métiers qui permettent d’échanger avec autant de personnes différentes et d’entrer aussi intimement dans leur histoire. Il m’a appris beaucoup de choses sur la vie, sur la santé et le vieillissement, sur la mort… Surtout, il a profondément changé ma relation aux personnes et au temps. L’une des exigences du métier est que l’on s’adapte au rythme de nos bénéficiaires. Quand on intervient chez des personnes âgées, pour se mettre à leur diapason, et ne pas leur donner l’impression qu’on les bouscule, il faut ralentir. Ra-len-tir. C’est-à-dire effectuer les tâches à accomplir à un rythme dicté par elles. Prendre le temps d’échanger avec tel Monsieur qui se souvient de la guerre d’Algérie, avec tel autre sur son ancien métier de docker, ou encore avec telle ouvrière du textile ou dans la fabrication du beurre. Ralentir n’est pas toujours facile. Mais à moi, cela fait un bien fou. Cela me relie à mon enfance, passée à la campagne, dans une région reculée, loin du brouhaha du monde, à l’écoute des voisins et des amis. Je retrouve dans ce métier une partie du rythme de mon enfance. Et cela me réjouit.

Françoise Bouillon